Grippe aviaire : « Nous nous attendons au pire »

Dans les Landes, 600 000 canards vont être abattus à cause du virus H5N8, sous type de la grippe aviaire. Déjà fragilisée par la souche H5N1 de la maladie l’an dernier, la filière est de nouveau frappée par une crise sanitaire. Pour Roxane Mitraillas, chargée des questions sanitaires à la Confédération Paysanne, » les éleveurs sont dans une détresse économique et morale ».  Reportage.

Ce nouvel épisode de la grippe aviaire devrait coûter plus cher que celui qui a terrassé la filière en 2015. L’an dernier, les pertes avaient été évaluées à 540 millions d’euros. Un coup dur pour l’industrie du canard, qui avait généré un chiffre d’affaire de plus de deux milliards d’euros. C’est à nouveau une année noire qui s’annonce pour les producteurs.

Malaise au sein du ministère de l’Agriculture

Pour Laurence Serrano, chargée de mission communication au sein de la cellule de crise du ‎ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt :

« les pertes sont pour le moment impossible à chiffrer car les foyers d’abattage sont en évolution perpétuelle dans la région des Landes. »

 Tout en déclarant que «la zone d’abattage va s’élargir », elle estime que «les pertes seront d’autant plus importantes ». Les conséquences seront désastreuses pour le secteur dans la région des Landes. Victimes de crises sanitaires depuis plus d’un an, de nombreux éleveurs restent dans une situation financière critique. Pour éviter les fermetures d’élevages, les aides seront mises en place avant le début du printemps, confie timidement Laurence Serrano.

Quelles mesures après la crise ?

Du côté de la Confédération Paysanne, on appelle les pouvoirs publics à verser les aides le plus rapidement possible.

« Le versement d’une avance de 70 % de l’aide perçue en 2016 est demandé dans les meilleurs délais », lance Roxane Mitraillas.

Elle aussi est stupéfaite par les conséquences économiques de la grippe aviaire. Les éleveurs se retrouvent pour le moment dans l’impossibilité de relancer leur production. A long terme, le problème risque de s’intensifier : sur les marchés, on craint une désertification des clients, tentés par des produits plus sûrs. D’où la nécessité de reconstruire une clientèle. Pour elle :

«  les conséquences désastreuses de la grippe aviaire auraient pu être évitées ».

L’industrialisation des volailles, qui, par souci de rentabilité, spécialise les producteurs dans une partie seulement du cycle de vie de la volaille, entraine l’obligation de déplacements des animaux d’une zone d’élevage à l’autre. C’est ainsi que le virus de la grippe aviaire se propage. Cette dernière confie :

« Nous nous attendons au pire. Il faut absolument redémarrer le processus ».

Une difficulté de plus pour les agriculteurs concernés qui espèrent une relance rapide de leur production. Prochaine étape pour les éleveurs, l’annonce imminente d’un calendrier de redémarrage des élevages.

Crédit Photo à la Une: Georges Gobet/ AFP

Benjamin Leneveut / Lucile Devillers.

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