Climat: que doit faire Paris pour devenir neutre en carbone d’ici 2050 ?

Une véritable révolution énergétique et environnementale se profile. Une longue étude de la société de conseil Elioth a été commandée par la mairie de Paris. Intitulée « Paris change d’ère », qui s’entend bien-sûr « Paris change d’air », le rapport dessine Paris en ville solaire d’ici 2050. 

Nous sommes en 2050. Les interminables bouchons ne sont plus qu’un mauvais souvenir pour les Parisiens. Les boulevards de la capitale sont rendus aux piétons, aux véhicules propres, et aux vélos. Les bâtiments respectent les normes énergétiques, les panneaux solaires recouvrent toutes les toitures, et les habitants se baignent dans la Seine… Paysage idyllique? Peut-être. Et pourtant, voilà à quoi pourrait ressembler la ville des lumières dans une vingtaine d’années, si elle se conforme au plan climat soumis aux élus cet automne.

Focus sur les grands chantiers de la capitale, précisés par l’étude de la société de conseil Elioth.

D’après le dernier bilan carbone, publié en juillet 2016, Paris a réduit d’un peu plus de 9% ses rejets carbonés sur la période 2004-2014. Il s’agit désormais d’accélérer le rythme: -50% d’ici à 2030, et -80% en 2050. Le défi est considérable d’autant plus que le périmètre retenu intègre non seulement les émissions directes des Parisiens mais aussi leurs émissions indirectes, celles liées à la production à l’étranger de biens importés (transport aérien). Quelques exceptions cependant: les déplacements en avion des habitants, ainsi que le trafic aérien des touristes visitant la capitale.

 

Tous les leviers actionnés

 

Tout d’abord, la production locale d’énergie renouvelable. D’ici 2050, Paris sera une ville solaire, avec près de 20% de ses toitures couvertes de panneaux photovoltaïques, munis de systèmes de stockage de l’électricité et de réseaux « intelligents ». En sous-sol, les réseaux de chaleur et de froid valoriseront les déchets urbains, le biométhane, l’eau de la Seine (pour la production d’eau glacée) et la géothermie. Ces démarches ne suffiront pas pour autant de couvrir tous les besoins de Paris en ressources « vertes ». La ville devra compenser le recours résiduel au gaz d’origine fossile en finançant, hors de ses murs, d’immenses parcs solaires et éoliens.
Concernant l’habitat, des constructions en matériaux biosourcés, comme le bois, contribueront à séquestrer du carbone. L’habitat partagé (colocation, cohabitation intergénérationnelle…) et les espaces de travail collaboratifs se multiplieront, d’autant que dans trente ans, la métropole devrait compter 200 000  habitants de plus.

 

Campagne de communication de la COP 21
Crédit photo: DR
Parc automobile divisé par deux
Source de plus de la moitié des émissions de GES, le parc actuel de 600 000 voitures individuelles sera divisé par deux, avec deux occupants en moyenne par déplacement. Le covoiturage, ou encore le télétravail faciliteront la démarche.
D’autres tendances deviendront automatisées: les véhicules hybrides, l’encouragement à la pratique du vélo et de la marche à pied, les week-ends sans voitures…

 

Une alimentation moins carnée

 

L’alimentation, à l’origine d’un cinquième des rejets de GES actuels, sera moins carnée. Des journées sans viande seront à prévoir dans la restauration collective. L’agriculture urbaine (parcelles partagées, jardins individuels ou collectifs…) s’ancrera dans les quartiers. Parallèlement, le volume de déchets ménagers sera divisé par deux, et l’économie circulaire, c’est-à-dire le prolongement de la durée de vie des produits, sera vivement encouragée.

 

Paris ne part pas de rien
 
Le plan climat-énergie adopté en 2007 et révisé en 2012 fait de Paris l’une des villes les plus engagées contre le changement climatique à l’échelle mondiale.
En revanche, malgré tous ces efforts, il restera 20% des émission actuelles de CO2. Seul moyen de parvenir à la neutralité: isoler du carbone hors de son territoire, en plantant ou en entretenant des forêts. Les surfaces nécessaires sont en revanche considérables: 10 000 km2, soit quasiment la superficie de l’Ile-de-France.
C’est donc une ère « post-carbone » qui est proposée aux 2,2 millions de Parisiens. Mais le défi est grand. Les auteurs de l’étude insistent sur le long chemin qui reste à parcourir, notamment en vue de  « conquérir les coeurs et les esprits » des Parisiens.

 

Mélissa Kalaydjian
*Crédit photo à la Une: Société de conseil Elioth.

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