Grippe aviaire: les confidences d’un producteur de foie gras

La crise sanitaire qui frappe la filière du canard depuis plusieurs mois inquiète les producteurs à la tête des élevages. C’est le cas de Pierre Maupas, de l’Association des Producteurs de foie gras normands. Il livre ses doutes et fait part de son optimisme.

Elevage Landais – FRANK PERRY / AFP

Avez- vous déjà connu une telle crise dans le domaine du foie gras ?

Il y a des déjà eu des problèmes sanitaires dans cette filière, particulièrement dans le sud de la France. La crise de l’hiver dernier était importante, notamment car elle s’est manifestée en pleine période de fêtes mais elle avait été mieux appréhendée et les dégâts étaient moindres. Celle-ci est encore plus forte.

Attendez-vous des mesures particulières du gouvernement pour aider les éleveurs ?

Je pense qu’il y aura des mesures fortes de la part du gouvernement. Elles se manifesteront par de possibles subventions, mais dans tous les cas, s’ils ne font rien, de nombreux éleveurs mettront la clé sous la porte. Si des mesures de prévention avaient été prises lors de la découverte du premier foyer d’infection dans le Tarn, les futures opération de dédouanements des éleveurs auraient pu être évitées.

Foyers de grippe aviaire et zones de surveillance / Ministère de l’Agriculture

Est-il possible d’estimer les pertes dans le domaine du foie gras ? Si oui, à combien ?

Non, pour le moment, c’est difficile de donner un chiffre précis, mais cela se comptera en plusieurs dizaines de millions d’euros. Ce qui est sûr, c’est que le canard est la matière première pour les éleveurs. Sans ça, ils ne peuvent pas relancer leur exploitation agricole. L’ensemble des exploitations est touché, les petits comme les gros.

La filière du canard va-t-elle se relever ?

L’avenir de la filière passe par un assainissement des exploitations. Il faudra tester obligatoirement les lots de canard avant l’étape du gavage . Ceci permettra de ne pas transporter des volailles contaminées. La filière du canard est évidemment prometteuse, c’est un produit de bonne qualité. Les français en raffolent. J’espère néanmoins qu’il n’y aura pas une démolition du marché. Le sud-ouest gardera, je l’espère, sa vocation pour le canard. C’est primordial pour la région.

Pour aller plus loin, retrouvez notre reportage sur la dernière crise sanitaire qui frappe la filière.

Crédits Photo à la Une: Frédérick Florin/ AFP

Lucile Devillers / Benjamin Leneveut

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