[Portraits] Présidentielle : quand la jeunesse s’engage !

Les élections approchent et les candidats sont corps et âmes dans la campagne. Derrière eux, des sympathisants attentifs aux idées, des adhérents qui donnent de l’argent, mais aussi et surtout, des militants qui offrent leur temps et leur énergie à un parti politique. Parfois, ils commencent à militer à 18 ans à peine. Leur engagement a changé leur vie. Portrait de 3 d’entre eux.

Clément Carrière. Crédit photo : DR

Clément Carrière, 31 ans, Paris 15 Adhérant « En Marche ».

« J’attends de l’élection présidentielle 2017 une vraie alternance de vision et non de parti. »

« J’ai toujours été sympathisant de droite (UMP/LR) et de ses valeurs (travail, liberté d’entreprendre, solidarité sans tomber dans l’assistanat, courage de réformer etc.) mais les représentants à mes yeux n’étaient plus en phase avec ça. J’ai donc adhéré au mouvement « En Marche » en Juin 2016, peu de temps après sa création.

Comme dans tout métier, Emmanuel Macron a compris que la manière de faire de la politique avait changé. J’apprécie le fait de donner la parole à la société civile, de construire un projet qui vient de la base, de permettre de faire remonter des idées et non d’avancer des chiffres sur des sujets que l’on n’a jamais touché du bout des doigts. (Je pense notamment à tous les professionnels de la politique qui n’ont jamais exercé le moindre métiers…) Les valeurs de progrès, travail ou encore d’écologie et tant d’autres peuvent aujourd’hui être rassemblées grâce à « En Marche. »

Je participe en auditeur libre à des meetings ou conférences. Mon rôle se limite à discuter avec mon entourage proche du projet. Plusieurs personnes autour de moi ont été convaincues. D’autres non ou toujours pas. Si chacun des quelques 200 000 adhérents fait ce travail, le résultat aura d’autant plus d’impact.

Une carrière politique au niveau local (voire rural) permet de rester au contact et d’agir localement dans le bon sens. Je pense par exemple à ces maires élus et réélus depuis des années et qui ont toujours su rester proches des habitants de leur commune, comprendre leurs besoins et y apporter les meilleurs solutions ou projets. Alain Juppé en est un très bon exemple.

Je suis l’actualité politique d’Emmanuel Macron de près mais je reste attentif à ce qu’il se dit des autres candidats. J’ai regardé le dernier débat entre les 5 candidats j’ai trouvé que la bien-pensance très à gauche de certains journaux vole le débat en instrumentalisant les cerveaux. Il y a des affaires, certes, mais il y aussi des contextes.

Les destins nationaux doivent d’abord se construire par la base et la proximité avec les gens. J’attends de l’élection Présidentielle 2017 une vraie alternance de vision et non de parti. »

____________________________________________________________________________________________________

Crédit photo : DR

Valentin Prieto, 22 ans, Boulogne, Etudiant en commerce. Militant Les Républicains pro Juppé.

« Je déplore le sectarisme des Républicains. »

« En 2014, j’étais en étude à Paris à ASSAS, je suivais énormément la politique et je me suis engagé pour faire la campagne locale du Maire de Boulogne j’’ai même pris ma carte à l’UMP en 2013. J’aimais ma ville (Boulogne), j’avais envie de soutenir le Maire, je me sentais concerné et j’avais envie de faire bouger les choses et de les améliorer. En tant que militant je ne faisais pas grande chose au niveau local. Je ne participais pas vraiment, je tractais dans la rue c’est tout. Je me suis engagé ensuite dans la campagne de Juppé, tout était différent.

Ce qui était bien c’est que les gens s’engageaient dans cette campagne de manière active avec des profils très différents, ce qui était intéressant. J’appréciais la démarche de Juppé et surtout son ouverture d’esprit. Je le soutenais car il n’était pas fermé, et que l’on avait besoin de quelqu’un qui rassemblerait les français. Il faut une méthode, ne pas dire et ne pas faire n’importe quoi et selon moi Juppé avait cette capacité et cet esprit d’apaisement.

J’étais à Paris durant cette période, j’étais donc au siège de la campagne d’Alain Juppé. Nous avons créer différent comités un peu partout en France. Mon rôle était d’accompagner ces comités et d’organiser des événements pour la campagne et la communication. Je faisais aussi beaucoup de veille médiatique pour relever le prise de position des différents hommes politiques, je devais faire une synthèse chaque semaine et envoyer un rapport au bras droit d’Alain Juppé.

Les comités devaient réfléchir au programme du futur candidat à la primaire. Nous rencontrions souvent des personnes de différentes professions et nous devions envoyer un rapport encore une fois par la suite pour montrer leur vision de la politique et de ce qu’ils pourraient espérer d’un candidat à la Présidentielle. Tout est une question de communication.

Nous prenions des cartes des grandes villes, nous devions repérer les zones de France qui représentaient les votes de droite aux dernières élections. Nous savions quelles zones viser pour tracter par exemple. Le but était de récupérer de l’électorat. Aller dans des zones plutôt de gauche par exemple n’aurait pas servi à grand chose. Il fallait aller vers les bonnes personnes et la formation des comités en terme de communication et de stratégie était importante.

Je me suis occupé plusieurs fois de faire des sessions de formation. Dans ces comités, la plupart du temps on y retrouvait des Maires adjoints par exemple. Ce n’est pas toujours évident d’apprendre à quelqu’un qui a 20 ans de politique derrière lui comment faire ce qu’il a toujours fait.

J’ai arrêté il y a environ 1 an. Je voulais me réorienter vers des études de commerce, j’avais des concours et je consacrais vraiment beaucoup de temps et d’énergie à la conception de cette campagne. A l’époque, Juppé était en tête dans les sondages, le principal adversaire était Nicolas Sarkozy. Fillon n’existait pas encore. Ce qu’il s’est passé aux primaires, c’est que les militants du Parti Socialiste et des Républicains se sont « radicalisés » contrairement à l’ensemble des français. Nous n’avions aucune chance. Ce fut aussi l’une des raisons pour laquelle je ne me suis pas engagé même si je trouve la démarche d’Emmanuel Macron très intéressante.

Tous les français se posent beaucoup de questions par rapport à ce candidat. Quand on vient du centre droit comme moi, on ne peut plus voter Fillon moralement. Alors on se sent perdus et on attend du changement. Pour le moment Macron rassemble tout le monde mais la question est : Pour combien de temps ? C’est difficile de s’engager, les choses bougent trop vite.

Ce qui me dérange chez Macron c’est qu’il a de plus en plus de sympathisants de gauche, des « poids-lourds » du PS. Ce qui lui donne pour le moment une image de gauche ce qui le bloquera surement en cas d’une éventuelle victoire à la Présidentielle.

On a cinq candidats qui vont faire des scores importants mais la plupart des français va encore voter par défaut donc il y a un problème politique et depuis longtemps. Je sais que dans cette situation c’est impossible de faire des prédictions, les choses vont tellement vite tout bouge à une vitesse incroyable. Il y a beaucoup de déceptions dans le cœur des français lorsque l’on voit la politique actuelle. Je garde quand même de l’espoir, notamment en Macron car j’ai l’impression qu’il nous fera passer dans une nouvelle ère. Aujourd’hui si j’avais eu le temps j’aurai participer la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron car je déplore le sectarisme des Républicains. »

____________________________________________________________________________________________________

Camille, 37 ans, région parisienne, professeure d’histoire en université. Militante Lutte Ouvrière pro Nathalie Arthaud.

Camille a préféré ne pas avoir de photo pour rester anonyme.

« Je milite depuis déjà presque 20 ans ! « 

J’ai rencontré des militants de Lutte Ouvrière lorsque j’étais lycéenne et que je commençais à me poser des questions sur le fonctionnement de la société. J’étais choquée par les inégalités que je voyais autour de moi en France : les gens dormant dehors, la montée du chômage, l’impression que la richesse s’accumulait à un pôle et la pauvreté à un autre. J’étais aussi révoltée par la misère et la violence dans le reste du monde : j’étais collégienne lors de la guerre en Yougoslavie, j’avais 15 ans lors du génocide du Rwanda, et ces événements m’ont profondément marquée. Ils m’ont poussée à m’interroger sur leurs causes, sur les origines des inégalités et des guerres, et plus généralement sur le capitalisme : son histoire, son fonctionnement.

Un sentiment de révolte qui devient politique

Ce que j’apprenais à l’école ne répondait pas à mes questions ni à ma révolte. A travers les idées marxistes, j’ai découvert une façon d’expliquer l’histoire qui m’a convaincue, notamment parce qu’elles permettent de comprendre que le capitalisme est un système économique qui a apporté des progrès lors de son émergence, mais repose fondamentalement sur l’exploitation et est devenu complètement dépassé par rapport aux possibilités techniques et à la richesse du monde actuel. Je suis convaincue que les travailleurs ont les moyens de réorganiser l’économie sur des bases communistes pour que les richesses immenses produites aujourd’hui dans le monde servent à l’intérêt collectif, et non à une minorité capitaliste.

Les idées portées par Lutte Ouvrière sont celles du mouvement ouvrier communiste révolutionnaire. L’internationalisme en est une composante fondamentale. Les objectifs reposent sur les luttes des travailleurs, des luttes collectives, conscientes et démocratiquement contrôlées.

Je consacre beaucoup de temps à militer, parce que la société actuelle me révolte profondément et que je pense que défendre ces idées est ce qu’il y a de plus utile à faire aujourd’hui où le monde s’enfonce toujours plus dans les inégalités et la violence.

Les actions concrètes du militantisme politique

L’essentiel de notre activité, à Lutte Ouvrière, consiste à militer dans les entreprises : nous éditons tous les 15 jours des bulletins d’entreprises qui dénoncent l’exploitation au quotidien et essaient de développer la conscience de classe des travailleurs. Je participe aussi régulièrement à des distributions de tracts et vente de notre hebdomadaire dans des quartiers populaires. Cela permet de rencontrer la population, de discuter des difficultés de la vie quotidienne qui sont le résultat du chômage, des salaires insuffisants, du manque de logement, de la dégradation des services publics…

Nous sommes présents dans les élections et nous nous y exprimons, mais nous militons toute l’année dans les entreprises et les quartiers populaires.

Je ne milite pas pour faire une carrière politique, mais pour défendre des idées. Les politiciens professionnels ont pour objectif de gérer la société telle qu’elle est : cela n’a donc rien à voir avec mon engagement.

« Mon objectif est de contribuer à ce que les travailleurs se révoltent contre ce système capitaliste et le renversent. « 

Je participe à la campagne de Nathalie Arthaud, pour que l’on puisse au premier tour faire entendre le camp des travailleurs contre tous les politiciens qui n’aspirent qu’à gérer ce système. Je pense que, quel que soit le vainqueur, il faudra se défendre contre des attaques anti-ouvrières similaires à celles de Sarkozy puis de Hollande. Donc je n’attends rien du résultat des élections. J’espère que nous serons nombreux à exprimer notre colère et à dire que les emplois, les salaires, les conditions de vie de la population doivent passer avant les profits des grandes entreprises et les salaires des PDG.

Mais pour changer les choses, il faudra des luttes sociales massives et conscientes.

 

Juliette Faucheux et Marie Maillard

Photo A la Une : lavie.fr

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s