A Saint-Denis, une Maison au secours des femmes

La Maison des femmes a ouvert à l’été 2016 à Saint-Denis, ville où l’accès aux soins passe essentiellement par l’hôpital. Ce lieu unique en France regroupe gynécologues, psychologues, assistantes sociales et avocats pour venir en aide aux laissées-pour-compte.

La docteure Ghada Hatem (à gauche) reçoit une étudiante sénégalaise excisée. Crédit : ???

« Il ne nous était pas possible de faire comme s’il n’y avait rien à voir » lance la fondatrice de ce lieu, gynécologue-obstétricienne. Inaugurée à l’été 2016, la Maison des femmes a élu domicile un jardin encore en friches de Saint-Denis, à l’écart de l’hôpital Delafontaine. «Entre ces murs, il n’y aura pas de tabou», promettait alors le Dr Ghada Hatem. Cette institution accueille bon nombre de femmes en souffrance, victimes de violences physiques ou psychologiques, de viols, d’incestes ou encore d’excisions.

La Maison des femmes apparait comme une bénédiction pour ces femmes, dans une ville où il n’y a presque plus de gynécologues et où les médecins se font rares. Les accouchements ont alors lieu à l’hôpital : 4 700 femmes de 120 nationalités différentes y accouchent chacune année. Les chiffres sont alarmants, puisque 200 d’entre elles ressortent avec leur bébé sans même savoir où elles vont dormir le soir, et certaines n’ont jamais vu de médecin pendant leur grossesse.

Inauguration de la Maison des femmes. Crédit : Maison des femmes

« Comme si elles étaient chez elle »

Gynécologues, sexologues, chirurgiens, sages-femmes, conseillères conjugales, assistantes sociales, avocats, commissaires de police, psychiatre, psychométricienne, sophrologue et vingt-deux bénévoles sont unis pour accompagner ces patientes. La chanteuse Inna Modja est la marraine de la Maison des femmes. Elle y anime un groupe de parole pour femmes excisées. Comme 15% des patientes de la maternité Delafontaine, l’artiste a été excisée à l’âge de quatre ans.

« J’ai réussi à tirer de cette expérience extrêmement négative la volonté d’accomplir des choses et d’être femme à part entière. Ici, elles vont être accueillies comme si elles étaient chez elles. Savoir que certaines d’entre nous ont vécu des choses similaires va les mettre en confiance ! Et puis, peut-être que parfois je prendrai ma guitare et je jouerai pour leur apporter du réconfort… » confiait-elle à Madame Figaro.

Les femmes précarisées y trouvent bien du réconfort. Depuis son ouverture, 15 000 consultations ont été réalisées. Cependant, la Maison des femmes ne s’arrête pas là, puisqu’elle projette aujourd’hui de s’agrandir.

Clémence Renard

 

Crédit image à la une : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro

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