Ligue 1 : l’arbitrage aux coeurs de tous les débats

Trois rencontres, trois polémiques. Dimanche, l’arbitrage français a connu une journée noire, entre décisions litigieuses, menaces verbales et agression physique. Des scènes de plus en plus fréquentes en Ligue 1, qui choquent, et placent le débat sur l’introduction de la vidéo dans les esprits de tous. 

Comme Valère Germain, l’arbitre Nicolas Rainville a eu mal à la tête dimanche soir – Photo : AFP

« T’es une pipe ! Grosse m**** ! ». Dans les couloirs de la Mosson, dimanche soir, à l’issue d’un brûlant Montpellier-Marseille, les insultent pleuvent, toutes plus menaçantes les unes que les autres. Le staff montpelliérain, hors de lui, prend à partie le quatuor arbitral que seuls les quelques membres de la sécurité semblent protéger. Un but litigieux vient d’être refuser aux héraultais dans la confusion la plus totale. Après de nombreuses secondes d’hésitation, alors que les locaux croyaient fêter le but de la délivrance, Monsieur Rainville, avec l’aide de son assistant, signale un hors-jeu de position discutable. Une deuxième décision défavorable aux montpelliérains, après qu’un penalty litigieux ait été accordé à l’OM en fin de première période. Michel Der Zakarian passe ses nerfs sur le panneau publicitaire le plus proche, le reste de son staff sur les arbitres, directement.

Cet épisode peu glorieux vient clore un dimanche lors duquel l’arbitrage a suscité autant de débats qu’il n’y avait de rencontres en Ligue 1. A Saint-Étienne d’abord, l’entraineur nantais Claudio Ranieri s’est plaint comme rarement du traitement infligé à son milieu de terrain Valentin Rongier, pas assez protégé par l’arbitre selon lui, et contraint de sortir à la mi-temps. Puis à Caen surtout, lorsqu’à l’heure de jeu, le défenseur lyonnais Fernando Marçal et le juge de touche en viennent aux mains devant les yeux ébahis des spectacteurs. Rarement, dans l’histoire récente du football, un joueur ne s’était permis d’exprimer une telle véhémence à l’égard d’un arbitre. Nabil Dirar avait collé son front contre celui de Tony Chapron, Cristiano Ronaldo s’était permis de toucher l’arbitre lors d’un classico. Mais Marçal, en poussant violemment d’une main au visage l’homme en noir, a repoussé les limites du raisonnable sur un terrain de football.

Vidéo : une solution, vraiment ?

Récemment, une enquête menée par l’Union nationale des arbitres de football (UNAF) recensait près de cinq milles agressions verbales ou physiques contre des arbitres amateurs sur les terrains français. Dix pourcent d’entre elles conduisant à la radiation à vie du football pour leurs auteurs. Les différentes associations pour l’arbitrage dénonçaient « des agressions de plus en plus graves, sur des arbitres de plus en plus jeunes ». Il est donc du rôle du foot professionnel de ne pas tomber dans ces excès de colère à l’égard des arbitres, dont la frontière semble de plus en plus marquer avec les joueurs comme avec les éducateurs.

Ce climat délétère autour de l’arbitrage relance par ailleurs le débat sur la vidéo, et sur la nécessité ou non de l’instaurer pour minimiser les erreurs de jugement. Si ces détracteurs considèrent que l’appréciation de l’arbitre ne sera que peu réduite par son introduction, d’autres estiment qu’elle permettra, au moins, de rectifier un certain nombre de décisions jugées dans la précipitation et le doute. De là à calmer les contestations de plus en plus violentes, probablement pas.

 

Jérémie Richalet 

 

Crédit photo d’ouverture : sport24.lefigaro

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