La Syrie, comprendre ce qu’il s’y passe

Après 6 ans de crise, la Syrie ne se relève pas. La population syrienne se meurt sous les yeux du monde entier, sans que personne ne lui vienne en aide. Plus de 300 000 morts, c’est le bilan incertain de cette guerre. Pour agir, il faut d’abord comprendre. Nous revenons sur les événements qui ont mené la Syrie à un tel chaos. 

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Frappes aériennes russes sur la région d’Alep. REUTERS/Ammar Abdullah

En 2011,  les idéaux du printemps arabe se diffusent en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Bahreïn, le Yémen et la Syrie sont en quête de liberté. Il faut renverser les dictatures. Après 40 ans de tyrannie, les Syriens descendent dans les rues : c’est le début de la révolution. Les contestataires du régime en place prennent les armes, l’Armée Syrienne Libre est créée, la révolution se transforme en guerre civile. Il y a une dimension religieuse au conflit interne syrien : la famille Assad au pouvoir est de confession alaouite (branche de l’islam chiite) alors que la majorité de la population syrienne (72%) appartient à la communauté sunnite.

En 2012, l’Armée Syrienne Libre s’empare des quartiers populaires de la ville d’Alep et l’armée régulière de Bachar Al Assad cède, elle se retire de la ville. Les forces rebelles reprennent le contrôle de plusieurs villes limitrophes de la Turquie, pour répondre à ça, les forces aériennes du régime bombardent les villes conquises, c’est le début de l’exode syrien.

Cette situation de crise oppose plusieurs acteurs dans le conflit interne

Les forces du régime de Bachar Al-Assad

Les forces gouvernementales contrôlent seulement une petite partie du territoire de l’ouest syrien. Dans ces parties du pays il n’y a pas réellement de trouble humanitaire. En revanche, les parties du pays conquises par les troupes rebelles sont constamment victimes de bombardements. Soutenu par la Russie, le gouvernement de Bachar Al-Assad largue des explosifs sur les zones rebelles. Les premières victimes des attaques aériennes restent les populations civiles.

Les forces rebelles

L’opposition à l’armée syrienne est constituée de différents groupes locaux. Les forces rebelles sont aujourd’hui représentées par des islamistes plus ou moins radicaux. Ils manquent d’organisation et de moyens. Cela explique pourquoi l’Armée Syrienne libre perd de nombreux combattants qui préfèrent se ranger du côtés des brigades islamistes. Ces dernières possèdent de l’argent et des armes. Les rebelles espèrent le soutien de l’Occident afin d’empêcher ses combattants de rejoindre les rangs des islamistes radicaux. L’armée syrienne libre possède la moitié de la ville d’Alep mais aussi d’autres zones rurales du nord du pays. L’aviation russe et celle du régime bombardent régulièrement ces parties du territoire.

L’Etat Islamique

Ce bouleversement  profite à une communauté beaucoup plus radicale, bien loin des aspirations démocratiques de 2011, l’Etat Islamique. DAESH se retrouve sur le terrain syrien en 2013, ce nouvel acteur souffle un vent de terreur sur le pays. Ces combattants visent les rebelles et soumettent la population orientale de la Syrie à un régime archaïque et violent. Raqqa est la capitale de l’Etat Islamique dans le pays, la plupart des combattants djihadistes ne sont pas syriens. Venant du monde entier, ils se regroupent dans ce pays en crise afin d’y fonder leur berceau. Depuis 2014, la coalition internationale s’attaque à ce régime illégitime, les forces aériennes des Etats Unis, de la Russie, de la France et du Royaume Uni bombardent les points clés de DAESH.

Les forces kurdes

Elles occupent la partie nord-ouest du pays. Les Kurdes luttent activement contre l’Etat Islamique au nord du pays. Ils ont d’ailleurs repris la ville de Kobané à DAESH. Cette force militaire est composée de combattants locaux. Ils appartiennent au parti de l’union démocratique, une branche du parti des travailleurs kurdes.

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Carte du conflit Syrien, Le Monde

La Syrie est à l’agonie, Alep s’embrase et les populations sont à genoux. L’Occident peut-il agir? Aujourd’hui François Hollande annonce qu’un « couloir humanitaire » doit être mis en place et que les Etats qui soutiennent le régime de Bachar Al-Assad doivent être mis devant leurs responsabilités. Un énième avertissement du Chef de l’Etat Français qui semble remplir une nouvelle fois le tonneaux des danaïdes.

Caroline Cabuy

*Photo à la Une : DR

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