Interview de la fondatrice de la première association d’aide aux migrants à Ouistreham

Depuis plusieurs mois, les migrants venant du sud-Soudan sont de plus en plus nombreux à Ouistreham, en Normandie. La mairie de la ville ne leur offrira aucune aide. C’était sans compter sur les habitants. Céline, mère de famille est fondatrice de l’association « le Camo ». 

Vous êtes l’une des fondatrices du Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham (Camo). Comment est née cette association ?

Nous étions tout simplement quelques habitants très attristés par la situation de ces jeunes migrants. Nous avons donc décidé de nous réunir plusieurs fois par semaines pour leur offrir une vie meilleure. Il n’y a pas besoin d’avoir un avis politique pour être dans l’association. Je suis juste humaine. Je ne supportais pas de voir des gamins, de 17 à 20 ans, sous mes fenêtres sans ne rien faire.

Combien de fois par semaine vous rassemblez-vous ?

Céline : Il y a des dons tous les jours, par différentes personnes. Moi, par exemple, je ne suis pas là tous le temps. D’autres habitants prennent le relai. Comme ça, les migrants ne meurent pas de faim. Nous nous faisons également aider par la Croix Rouge, Emmaüs et les Restos du coeur. Il y a finalement beaucoup d’entraide, malgré les bâtons dans les roues du Maire.

Combien êtes-vous dans l’association ?

Je ne peux pas vous dire. Plusieurs habitants de communes alentours nous aident. Il n’y a pas que Ouistreham qui est concernée. Cependant, nous sommes de plus en plus nombreux.

Quelle aide apportez-vous aux migrants ?

Nous apportons de la nourriture, chaude ou froide, des couvertures, des vêtements, du linge de maison. On doit leur apprendre à nous rendre les affaires et ne pas les jeter, comme ils le font habituellement. Ceux qui le veulent, peuvent en accueillir chez eux.

Comment se passe la vie avec un jeune immigré chez soi ?

Ils dorment et mangent à la maison le soir. Cela diffère selon la personne. Chez nous, il part toute la journée pour essayer de monter dans un camion pour rejoindre l’Angleterre grâce au Ferry.

 Vous vivez donc avec la crainte de ne plus les revoir du jour au lendemain ?

Tout à fait. Mais on connait le risque en les prenant chez nous. Ils ne veulent pas rester à Ouistreham. Ils veut tout simplement arriver en Angleterre. Ils partent du sud-Soudan pour atteindre ce but. Ce serait égoïste de vouloir les garder pour nous.

Sont-ils nombreux à passer en Angleterre ?

Ils étaient assez peu, mais entre Noël et le jour de l’an, une cinquantaine ont réussi. Ces informations arrivent jusqu’à Calais. C’est peut-être pour cela qu’ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre la ville.

 

Mathilde Caron

 

Crédit photo image à la une : Des migrants sur le port de Ouistreham, 30 octobre 2017 / AFP/Archives

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