Immersion à Birmingham pour le Second City Derby

Dimanche dernier se tenait le Second City Derby à Birmingham. Rivalité historique entre Aston Villa et le Birmingham City FC, il est considéré comme l’un des plus gros chocs d’Angleterre. Immersion au cœur d’un match pas comme les autres. 

Jour de derby à Birmingham | Crédits: Quentin Gesp.

En plein cœur des Midlands de l’Ouest, Birmingham est la deuxième ville d’Angleterre, après Londres. Coup d’envoi programmé à 12h00 à Villa Park pour le bouillant derby de Birmingham. 

Sur les coups de 08h00, quelques supporters de Villa se rejoignent dans la gare londonienne d’Euston, dans le quartier de Camden. Le départ pour Birmingham est programmé à 08h50. Après plus d’une heure et demi de trajet, en passant par quelques villes mythiques comme Rugby ou Coventry, voici donc l’antre des Peaky Blinders : les frères Shelby. Célèbres pour avoir tenu de main de maître la ville, les fameux mafieux ont laissé un bel héritage. Une ville aux allures de Londres bis

Pour le quartier d’Aston (à un quart d’heure de Small Heath), il faudra se masser sur un quai où bleu ciel et bordeaux dominent. Aucun doute n’est permis : Birmingham a bel et bien coché la date du Second City Derby. Au terme d’une traversée d’une dizaine de minutes dans une sorte de TER francilien, voici donc Aston.

Le dispositif de sécurité est impressionnant. A la descente du train, les billets sont exigés par les hommes en jaune : seuls les supporters de Villa peuvent accéder au stade par cette voie. Pour cela, une carte de membre était nécessaire pour se procurer des places pour le match. L’un des derbys les plus chauds d’Angleterre se prépare. Au milieu d’un immense cordon de policiers, les supporters lancent les premiers chants. « Yippi aye eh, yippi aye oh ! ». Au détour d’un croisement, un Police Officer rappelle que « pour se rendre au stade, le chemin le plus court se situe sur la droite ». En anglais dans le texte bien entendu, et avec un accent prononcé. Un chemin digne des meilleurs films de gangs. Des briques rouges à gauche, un chemin étroit, parsemé de morceaux de verre et de canettes de bières écrasées, un muret de béton à droite.

L’étroit chemin menant au stade, sous le soleil de Birmingham | Crédits: Quentin Gesp.

Villa Park, terre promise

Une longue allée, et au bout, enfin, apparaissent les lettres dorées de la devanture du stade : Aston Villa. Le fameux lion trône fièrement au milieu, comme le gardien d’une institution centenaire. Face aux Villans, le Birmingham City FC, 20ème de Championship. Bien loin des projecteurs internationaux de la Premier League, Aston Villa tente de refaire surface, après deux ans d’oubli, en 2ème division. Treizièmes la saison dernière, les Lions ont (cette fois-ci) réussi leur première moitié de championnat. Et après le nul de Derby County face à Norwich la veille (1-1), une victoire suffirait aux Claret and Blues pour monter sur la 2ème marche du podium.

Sous le ciel bleu de Birmingham, l’ambiance commence à monter dans les travées. Villa Park se remplit petit à petit. 11h50. Le stade est désormais plein. 41.277 places vendues. Un stade comble donc, acquis à la cause des Lions. Et si près de 1.500 fans des Blues avaient fait le court déplacement, seuls les chants des locaux dominaient. Répartis dans un bloc dans la Doug Ellis Stand, les Blues and White étaient séparés de leur rivaux par un cordon composé de nombreux stadiers et policiers. Et lorsque l’un des leurs s’extirpera de son bloc pendant la rencontre pour aller chambrer les supporters adverses, il sera vite rattrapé par trois stadiers et évacué de l’enceinte par la police.

L’important cordon de policiers et stadiers, séparant les supporters de Villa de ceux de Birmingham City | Crédits: Quentin Gesp.

Le coup de génie d’Hourihane

Côté terrain, ce derby réserve de belles surprises. Match plaisant et engagé, il est dominé par les Villans. Emmené par un immense Mile Jedinak, Villa s’appuie également sur son feu follet Jack Grealish, 22 ans. Buteur la semaine passée face à Burton (3-2), il ne compte pas ses efforts. Sa vitesse et son aisance technique en font l’un des meilleurs joueurs sur la pelouse. Ancien pensionnaire de Premier League, il est – comme ses coéquipiers – bien au-dessus du niveau Championship. Engagé mais sans débordements, ce Second City Derby tient toutes ses promesses. A la mi-temps, score nul et vierge. « A really good nil-nil » peut-on entendre en tribune. « Nous méritions de marquer ! On va les user physiquement et marquer en fin de match » capte-t-on encore.

Quinze minutes plus tard, retour des 22 acteurs de la rencontre. Le coup d’envoi est donné, Birmingham espère tenir jusqu’au bout le point du nul, tout en espérant marquer en contre. 59ème minute, Jack Grealish (encore lui…) s’échappe côté gauche. Sa passe en profondeur est exceptionnelle. Elle est parfaitement reprise par Adomah. Villa Park explose. Déjà buteur contre Burton, l’international ghanéen vient d’inscrire sa 13ème réalisation de la saison. « Yippi aye eh, yippi aye oh ! », le fameux air de Johnny Cash (remixé à la sauce Aston Villa) revient à nouveau dans toutes les bouches des supporters de Villa. Inarrêtables, les Claret and Blues vont même inscrire un second but, en fin de match. D’une superbe demi-volée, Conor Hourihane va envoyer Villa Park au 7ème ciel (81ème, 2-0). Doug Ellis Stand se vide petit à petit des visiteurs.

La suprématie de Villa

« 4 minutes de bonheur en plus » sont annoncées par le speaker. Aston est en fête. Mais il n’y pas de bon derby sans accrochage ni frustration. Check N’Doye et John Terry allaient nous l’offrir, au bout du temps additionnel. Expulsé après avoir envoyé Jedinak au sol, l’ex-angevin quittait prématurément le terrain. Quelques secondes plus tard, l’arbitre de la rencontre faisait retentir ses trois coups de sifflet : fin du match. L’enceinte centenaire exulte. Invaincu depuis 2011 face à Birmingham, Aston Villa enchaîne donc un sixième match sans défaite face à son rival historique.

Les chants s’enchaînent. Le tube « Don’t look back in anger » d’Oasis résonne dans Birmingham. Reprise à l’unisson, la musique s’arrête au refrain, la voix de Noël Galagher laissant place à celles des quelques 40.000 supporters des Villans. Les frissons traversent tous les corps, les poils se dressent. Certains en frissonnent même encore. Emotion et joie règnent en tribune.

Le retour est aussi bien encadré. Supporters des deux camps sont séparés toujours aussi méticuleusement. Les forces de l’ordre, qu’ils soient à pieds, à cheval ou véhiculés, bordent le chemin menant à la station d’Aston. L’ambiance est festive, mêlant chants et jets de bière dans les airs. Le retour sera folklorique. Yippi aye eh, Yippi aye oh ! 

Quentin Gesp

Crédits photo de couverture : Quentin Gesp.

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