Algérie: les médecins en colère

Les médecins résidents algériens ont manifesté lundi 12 février à Alger. Ces internes  protestent contre l’obligation qu’ils ont de fournir un service civil après leurs études afin de faire profiter les régions les plus reculées de leurs services. Ils ont réussi à s’approcher de l’Assemblée populaire nationale

Un millier de « médecins en colère » se sont regroupés, lundi matin, devant la Grande Poste, à Alger. Crédit photo: Ryad Kramdi/ AFP

Les manifestations sont interdites à Alger depuis 2001. Tout rassemblement est empêché dans la capitale. Cette interdiction a été actée le 18 juin 2001, par le Conseil du gouvernement algérien. Mais les médecins résidents ont bravé cette interdiction et se sont réunis sur la place de la Grande Poste. Les forces anti-émeutes n’ont pas réussi cette fois à empêcher les manifestants de se rapprocher du Parlement. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues de peur que le scénario du 3 janvier se reproduise, provoquant une grande vague de sympathie du peuple algérien pour les grévistes.

Leurs revendications

Les médecins algériens sont en colère. Ces internes  manifestent contre l’obligation qu’ils ont de fournir un service civil après leurs études afin de faire profiter les régions les plus reculées de leurs services. Une belle idée qui semble aujourd’hui peser sur ces étudiants en fin d’études. Officiellement, ce sont surtout les conditions de ce service civil, qui s’ajoute au service militaire, qui sont dénoncées.

«Nous n’avons pas peur »,  est la phrase scandée par  les médecins résidents, équivalents des internes en France, dans les rues d’Alger jusqu’à l’Assemblée populaire. Le président du Parlement algérien les a reçu pour mettre fin à cette grève, qui persiste depuis bientôt trois mois. Ces jeunes veulent dénoncer l’inefficacité des négociations avec le ministère de la Santé.

« On manifeste aujourd’hui après le silence de la tutelle, après plusieurs réunions sans résultats, sans volonté politique pour régler le problème des médecins résident » Amine Djabou, membre du Collectif autonome des médecins résidents(CAMRA).

Des jeunes talentueux, animés d’une forte volonté d’entreprendre, d’investir pour reprendre en main leur pays. Ils veulent mouiller leurs chemises pour remettre l’Algérie sur les rails du développement et de la croissance.  La fuite vers la France n’est pas leur objectif, ils désirent rester en Algérie. Mais la question qui se pose: le gouvernement répondra t-il aux revendications de ces médecins résidents ou fera t-il appel à des médecins étrangers ?

Naziha Bensekhri

 

 Crédit photo de couverture: AFP

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