Le quai du Louvre a perdu son éclat

Un an après la fermeture des berges de Seine à la circulation, la situation ne semble pas s’améliorer. Sur le quai du Louvre, le trafic peine à s’écouler, provoquant nuisances sonores et pollution. Rencontre avec Marie, patronne du restaurant le Relais du Pont Neuf au 18 quai du Louvre.

Crédit Photo : Houda Zerrifi

Dans son restaurant le Relais du Pont Neuf, Marie, sexagénaire, arrive à saturation :

« Ça n’avance  pas du matin au soir ! »

Sa vie, désormais rythmée par les klaxons et l’odeur de l’essence brulée tourne au cauchemar. Pourtant, lors du service de 13h ce vendredi, son visage s’illumine à la venue des clients. «  Beaucoup de clients sont des habitués. Certains viennent depuis aussi longtemps que je suis installée ici. » Près du bar, cette patronne au sourire communicatif, s’active à ranger les verres et les bouteilles, pour ne pas se laisser dépasser. « C’est un job qui se fait 7 jours sur 7 » , juste avant de nous dire : « J’ai repeint les murs en jaune et j’ai changé la disposition de la salle » nous explique Marie, qui prend le temps de s’attarder sur chaque travaux fait dans son restaurant depuis son installation.

Sa vie, c’est sa boutique. «  Dans cinq mois, ça fera 30 ans que je serai installée ici » sourit-elle. Après avoir débuté sa carrière dans l’import/export céréalier, Marie décide de prendre un virage  professionnel sur un coup de tête :

« Ma mère adorait faire la cuisine et ma transmise cette passion. Et un soir, en cuisinant chez un couple d’ami, j’ai eu le déclic. C’est là que j’ai su que je voulais posséder mon propre restaurant. »

Après avoir passé plusieurs formations dans la restauration, elle loue le local qu’elle occupe toujours aujourd’hui : «  Je suis l’une des plus vieille commerçante du quai du Louvre. »

Mais un an après la fermeture des berges en contrebas, la situation n’est plus la même. « Les embouteillages, c’est de 8h30 à 23h voire minuit parfois! » Fatiguée, Marie est inquiète pour son commerce.

« J’ai perdu 30% de chiffre d’affaire. Les gens ne s’arrêtent plus. C’est devenu juste un lieu de passage »

Elle s’interrompt alors, sa voix ne pouvant rivaliser avec le klaxon d’un bus. « Cette situation est épuisante» nous dit-elle, s’asseyant sur la chaise située derrière le comptoir du bar.

Car en plus d’être commerçante, Marie est aussi riveraine. Elle habite un appartement juste au dessus de son commerce, la laissant ainsi au contact permanent de la circulation, du bruit et surtout de la pollution. « Ma chambre donne côté cour mais les fenêtres de mon salon sont désormais condamnées. » La pollution, pourtant au coeur des combats que mêne la maire de Paris, Anne Hidalgo, est désormais omniprésente sur le quai du Louvre. La santé des riverains est alors grandement exposée, comme Marie qui a vu ses allergies s’aggraver depuis l’année dernière: «Quand je fais une crise, j’ai la gorge qui s’enflamme, les yeux qui me brulent et le nez qui coule en discontinue. » Pour cette mère de famille, cette situation ne peut plus durer.

Houda Zerrifi.

 

Crédit photo de couverture : Arnaud Frich.

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