Attention, danger au Stade Français

Humilié à domicile par la Section Paloise, le Stade Français a concédé ce dimanche sa troisième défaite de la saison à domicile. A l’aube de la trêve internationale, il y a péril en la rose demeure.

Terrassé par Pau, le Stade Français a montré ce dimanche un visage bien inquiétant. Crédits: P.Lahalle/L’Equipe.

5-40. Le score est lourd, mais évocateur. La crise rôde près de la Porte d’Auteuil. Les Parisiens étaient pourtant pleins d’ambitions et de promesses. « Ce dernier match avant la trêve est un moment clé pour aller chercher plus sur cette fin de saison » déclarait Sergio Parisse en conférence de presse, vendredi. Finies les folles illusions de phases finales. Adieu le Top 6 donc, et bonjour la grisaille d’une lutte à 4 pour le maintien. Avec 27 points glanés en 16 matchs, le Stade Français affiche l’inquiétante statistique de 1,69 points pris par match… Insuffisant pour espérer une place parmi les étoiles du championnat.

Au lieu de cela, les Stadistes ne comptent plus que 3 points d’avance sur Brive, et 4 sur Agen, 13ème et barragiste. Et si le club de la capitale doit s’inquiéter, c’est qu’il ira à Toulon –  une équipe qui l’avait battu en septembre dernier, sur ses terres – le 17 février prochain. Et le duo Azéma – Dupuy connaît les difficultés de son équipe à l’extérieur. Dans le même temps, Agen accueillera son voisin Toulousain, pendant que Brive affrontera Pau. En un week-end, les Parisiens pourraient tomber à la 13ème place.

Une der difficile pour Greg Cooper

Les objectifs sont désormais clairs pour le Stade Français: se maintenir en Top 14. Et la tâche ne sera pas aisée. Face à Pau, Paris a montré d’étonnants signes de faiblesse. Sans envie ni réaction, les Parisiens ne seront jamais réellement entrés dans leur match. Piqués au vif d’entrée par un carton (Nansen, 3e minute), les Parisiens allaient subir un 0-26 à la mi-temps, dont un essai sur interception de Votu (27e). La suite ? Les Roses allaient poursuivre sur leur lancée. Un non-match total. Et même à 13 contre 15, les coéquipiers d’Alexandre Flanquart allaient encaisser un nouvel essai, sans parvenir à inscrire le moindre point (59e). Il faudra attendre la 74ème minute et un essai de Yobo pour voir les premiers drapeaux roses s’agiter dans les tribunes. Aux « Ils ont marqué » des supporters béarnais, succédèrent les « On n’est pas fanny » des parisiens.

Fanny ou pas, cette rencontre devrait laisser des traces. Malmené, bousculé voire ridiculisé, le Stade Français a vécu un naufrage collectif. Une première dans son antre en championnat. Car la leçon reçue en Champions Cup contre les London Irish (44-7) n’aura – visiblement – pas suffit. Souvent apathiques, amorphes parfois, les Parisiens brillent par leur inconstance. Capables de grosses performances (contre La Rochelle ou le Racing), ils peuvent aussi s’écrouler à tout moment (contre Toulouse ou Agen). Sur ses bases, le Stade Français a offert un joli pot de départ à son entraîneur

« On se doit de gagner, on ne peut pas le laisser partir sur une défaite, c’est impossible » Arthur Coville

Réaction nécessaire

Il n’y aura donc pas eu de feu d’artifice pour le dernier match du manager général néo-zélandais. Loin de là, il aura assisté à la déroute des siens. Un spectacle à la hauteur de la qualité de la pelouse, indigne d’un club professionnel. Entre amas de terre, mélanges boueux et plaques de gazon arrachées, le terrain de jeu s’est transformé en champ de bataille. Et les Soldats Roses s’y sont embourbés…

L’attitude des joueurs laisse à désirer. Têtes basses, mains sur les hanches dès la 20ème minute, l’absence de réaction sur le terrain aura énervé en tribunes: Jean-Bouin a grondé. Capitaine, Sergio Parisse a participé a cette déroute. Lui qui n’a participé qu’à 6 rencontres de Top 14 cette saison, aura (enfin) endossé son rôle de capitaine au coup de sifflet final.

En réunissant ses coéquipiers, il exprimait sa colère, sa honte. « Aujourd’hui ils doivent avoir une réaction d’hommes » confiait Cédric Heymans au Canal Rugby Club. Une réaction d’orgueil sera donc attendue par les supporters à Jean-Bouin (si tant est qu’ils viennent…) le 24 février, face à Agen. Sans les fondamentaux de l’ovalie, l’avenir du club 14 fois champion de France pourrait s’inscrire en pointillés.

Quentin Gesp

Crédits photo de couverture : AFP

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