Vitesse à 80km/h, ou quand le gouvernement oublie d’entretenir le réseau

 Après l’avis favorable d’Edouard Philippe dans le JDD sur cette mesure, c’est au tour du gouvernement de valider le passage à 80km/h d’une partie du réseau secondaire. Si le but est de sauver jusqu’à 400 vies par an, l’abaissement de la vitesse cache en réalité l’inefficacité du gouvernement dans l’entretien du réseau secondaire. 

Edouard Philippe lors de sa conférence de presse relative à la mortalité routière. mardi 9 janvier 2017. ©PHOTO MAXPPP

La limitation de vitesse à 90 km/h, c’est désormais du passé. Les automobilistes vont devoir apprendre à relever le pied et à être patient. La mesure, débattue depuis des jours par les Français , a été officiellement annoncée par le gouvernement, mardi 9 janvier. Les routes bidirectionnelles sans séparateur central seront désormais limités à 80 km/h. Presque 400 000 kilomètres de routes sont concernés, sur le million que compte la France.

« Si pour sauver des vies, il faut être impopulaire, j’accepte de l’être » Edouard Philippe lors de son interview dans le JDD du 7 janvier 

Si la mesure fait grincer des dents, le Premier ministre dans son interview, explique que cette mesure n’a pas pour rôle,de remplir les caisses de l’Etat : « Je sais qu’elle va sauver des vies et je veux sauver des vies. Je comprends les arguments, et même la mauvaise humeur, mais je ne le fais pas pour augmenter les recettes de l’Etat. »

Le but du gouvernement est ainsi de sauver 400 vies par an. Car le chiffre reste impressionnant : 3 469 personnes ont perdu la vie sur les routes de France en 2016. Un chiffre en constante augmentation depuis 2013.

Un abaissement de la vitesse pour compenser le mauvais état du réseau

Si l’opération est louable, ce changement de vitesse devrait couter 1,6 millions d’euros.  20 000 panneaux de limitations de vitesse sont à remplacer avant la mise en place de cette mesure, le 1er juillet prochain. Mais cette dernière cherche avant tout à éclipser un autre débat : celui de l’état du réseau . Souvent pointé du doigt par les automobilistes et les professionnels de la route, le gouvernement n’accorde pas une ligne sur ce problème, qui ronge l’hexagone.

Un rapport du Sénat, publié début mars 2017 montre pourtant qu’  » Une tendance à la dégradation du réseau routier national non concédé et du réseau autoroutier a été observée ces dernières années  » mettant en garde alors, le gouvernement de Francois Hollande  : « L’exemple du réseau ferroviaire, dont l’état est déplorable faute d’un entretien régulier pendant plusieurs années, incite à une vigilance particulière dans ce domaine.  »

Inquiète, l’association UFC Que Choisir indique dans une étude réalisée en mai 2016, que seulement 21% des usagers de la route, sont satisfaits de l’état du réseau routier secondaire. L’association ajoute que l’infrastructure routière – chaussée, marquage au sol, signalisation –   joue un rôle dans 47 % des accidents mortels. La vitesse pointé du doigt par les gouvernements, n’entre alors comme  facteur aggravant que dans 29 % des accidents mortels sur ce même réseau.

Si un plan de 800 millions d’euros a été annoncer en mars 2017, pour entretenir le réseau autoroutier, aucune déclaration n’a été faite sur la remise en état du réseau secondaire. Troublant.

 

Yanis Darras

Crédit photo à la Une :©NICOLAS TUCAT/AFP

 

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