L’enjeu capital de la transition démographique de l’Afrique subsaharienne

Ce qui est peut être le fait le plus important de l’Histoire du 20ème siècle n’est écrit dans aucun livre scolaire. L’explosion démographique de l’Afrique noire sera sans aucun doute le facteur majeur d’influence du siècle qui vient. Dans une zone comprise entre  la République centrafricaine et le Sénégal, le nombre d’habitants est exponentiel. Enclencher la transition démographique est un enjeu absolument vital pour la stabilité régionale et mondiale.

L’Afrique est face à son Histoire. Un demi siècle après la décolonisation, ses habitants ont en main toutes les cartes pour faire de leur contient un endroit prospère et sécurisé. Les défis sont multiples. Le premier qui se résout petit à petit consiste à dépasser les rivalités ethniques, exacerbées par la cohabitations dans des Etats tracés par les anciennes zones coloniales. L’exemple de la partition du Soudan montre que la réflexion sur les frontières est possible et souhaitable. Mais ce qui est possible dans des grandes zones tribales peuplées traditionnellement de nomades et de tribus agraires, ne l’est pas dans des zones plus densément peuplées. En Afrique équatoriale, et au nord du golfe de Guinée, les ressources naturelles puissantes et concentrées et l’accès à la mer imposent une concertation inter-ethnique sans quoi  le développement ne concernera que la côte ou les axes fluviaux, créant des inégalités qui se régleront dans le sang. Dans l’Ouest du continent, un enjeu plus prégnant se fait de plus en plus sentir. Le taux de fécondité atteint entre 7 et 8 enfants par femme. La bande du Sahel a un outil exceptionnel mais à double tranchant entre les mains. Toute la question pour le « grand frère » européen est de savoir dans quelles conditions il est possible d’aider ses anciennes colonies. Dans leur intérêt et le notre. A cet endroit une infinie subtilité est requise au regard au passé récent.

Une situation explosive à moyen terme

L’Afrique subsaharienne a toujours eu un taux de fécondité de 7 à 8 enfants par femme. Or, la population y était extrêmement faible, ce qui explique que dans les deux tiers du territoire de l’Afrique du Sud, les blanc sont arrivés avant les noirs. La différence qui fait que la population explose tient dans les progrès de la médecine et le fait que sur ces 7 enfants quasiment tous survivent alors que depuis toujours au moins 5 mourraient avant leur adolescence. Dans l’immédiat, La situation est de plus en difficile à contrôler par les gouvernements qui sont dans l’incapacité opérationnelle de maintenir la paix civile. Au Mali, au Niger, au Nigéria, en Côte d’ivoire, la population urbaine grandit à une vitesse puissante. Les infrastructures sont trop fragiles pour acheminer de l’eau saine et produire de la nourriture en quantité suffisante. Face à ces difficultés, ce sont des ONG qui travaillent quasiment en régie pour les administrations, et les forces d’intervention internationales qui sécurisent l’arrière pays. Les forces spéciales Française, expertes en contre-insurrection rendent des services précieux en disloquant les groupes de combat et de pillage et en détruisant voies de communication et d’approvisionnement rebelles.

Ces services ne peuvent en aucun cas être des option viables à terme. La perception de la présence de troupes étrangères par les populations locales varient considérablement entre gratitude et haine. D’autre, part, la population qui va doubler d’ici 2050 va aggraver les problématiques en submergeant les infrastructures déjà au bord de la rupture. Si le Sahel héberge 600 millions d’habitant, il ne pourra pas les nourrir. Ce qui laisse trois issues : un spectaculaire sursaut de développement, une famine, ou un déplacement massif de population.

Des solutions nécessitant l’implication d’acteurs internationaux

L’Afrique porte son passé de colonisé comme une difficulté intellectuelle difficile à dépasser. Si elle sait que la quasi totalité de ses routes, centrales d’énergie, mines, écoles et réseaux de distribution et autres sont dus au colon. Mais l’humiliation d’avoir été spectateur ou subalterne des décisions est un traumatisme, parfois soigneusement entretenu par des gouvernement incapables de résoudre les problèmes. Par exemple Bouteflika en Algérie ou encore Paul Kagamé au Rwanda qui se sert de la haine de la France comme ciment des différents blocs ethniques de son Etat. Or, il est clair que seule une augmentation du niveau de vie permettra de faire baisser le taux de fécondité comme en Europe au 19ème siècle. Cette augmentation, nécessite un investissement dans l’éducation qui se rentabilisera dans l’innovation technologique agricole, dans la culture qui jettera des ponts entre groupes, etc.

Mais actuellement il faut être clair, ce n’est absolument pas parti pour se faire. Le nombre d’enfant rend impossible une homogénéisation du niveau intellectuel, faute de places d’école et d’université. Enfin, il est très difficile pour les Africains d’entendre un président étranger donner son avis sur leur fécondité ce qui est une réaction normale et compréhensible, même si le propos est avisé. Alors reste une solution complexe et délicate : proposer l’aide directe de pays tierces pour créer des établissements, et en parallèle céder des concessions à des acteurs privés dans le domaine agroalimentaire et d’assainissement, voire de santé. Un peu comme au 19ème siècle au Japon et en Chine avec les territoires internationaux comme Shanghaï ou Hong Kong, en réactualisant L’obstacle est dur pour un gouvernement Africain : trouver la ligne de crête entre donner le champs libre pour un temps à un acteur étranger pour le bien de son peuple, tout en gardant un regard prudent sur le regard que portera le peuple sur cette présence qui peut s’avérer envahissante. Il en va de l’avenir du monde. Reste à souhaiter que les élites africaine dont la plupart sont formées en France soient à a hauteur de l’enjeu pour faire de l’Afrique la splendeur qu’elle peut et devrait être.

Louis Lecomte

Crédit photo de couverture : ???

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