La Coupe Davis, un patrimoine sportif à protéger

Dimanche après-midi, au bout du suspens, l’équipe de France de tennis remportait son dixième saladier d’argent aux dépens de la Belgique. Une victoire globalement saluée par le public français, bien que certains sceptiques s’alarment de la perte d’intérêt progressive du circuit pour la compétition.  

L’équipe de France 2017 au grand complet, fête son dixième sacre – Photo : Sport24

Il est environ 19h, dimanche, lorsque le clan français vient comme un seul homme se jeter dans les bras de Lucas Pouille. Le grand espoir du tennis tricolore a assumé son nouveau statut, en dominant facilement le Belge Steve Darcis, 77ème joueur mondial, en moins de 2h de jeu. Les supporters français présents au stade Pierre Mauroy de Lille peuvent exulter. La ministre des Sports Laura Flessel le peut également, maintenant que la rencontre est officiellement pliée. Yannick Noah a réussi son pari, faire remporter au tennis français la Coupe Davis, seize ans après son dernier sacre. Mais peut-on aller jusqu’à parler d’exploit ?

Ces dernières années, la Coupe Davis n’a fait que perdre de son charme, surtout de par les nombreuses impasses faites par les joueurs du Top10 sur la compétition. Preuve en est lorsqu’on observe les équipes qu’ont éliminés les Bleus : un Japon sans Keï Nishikori, une Grande-Bretagne sans Andy Murray et enfin une Serbie sans Novak Djokovic. Certes, l’équipe de France a eu le mérite de battre des adversaires à sa portée, ce qui n’a pas toujours été les cas dans son histoire récente. Mais venir à bout d’équipes dont les joueurs de simple étaient Daniel Evans (134e joueur mondial) et Laslo Djere (88e) constitue finalement un respect logique de la hiérarchie. Cette Coupe Davis appartenait à la France. Les protégés de Yannick Noah l’ont assumé du début à la fin.

Le classement ATP, unique motivation des meilleurs

Historiquement, la Coupe Davis offre des rencontres à part. Crispées, serrées, mais surtout collectives, dans un sport des plus individualistes qu’il soit. Elle permet également de conserver ne serait-ce qu’une once d’esprit populaire dans un milieu qui se veut de plus en plus élitiste. Pour faire face au manque d’intérêt général récent du circuit pour le saladier d’argent, la Fédération internationale s’est penchée sur plusieurs éventualités.

L’hypothèse qui a d’abord été abordée, était celle d’organiser la compétition pendant quelques semaines par an, à l’image d’une Coupe de Monde de Foot ou d’un tournoi des Six Nations. Au final, la nouveauté résidera sans doute dans l’introduction des matchs en 3 sets plutôt qu’en 5, pour favoriser la récupération des joueurs. Mais cette solution plus ou moins improvisée ne permettra probablement pas à la Coupe Davis de regagner l’intérêt du monde du tennis tout de suite.. Les joueurs militent eux pour l’intégration de points ATP à la race lors de ces rendez-vous internationaux. Des points ATP sans lesquels, l’attachement au pays, bien que sincère pour certains, ne suffira probablement plus.

 

Jérémie Richalet

Crédit photo d’ouverture : Reuters

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