Pelican Bay : l’Université carcérale californienne  

« Cette prison est une université » dixit un gardien. Les criminels les plus dangereux liés aux gangs de Californie sont envoyés dans la prison de Pelican Bay.

Credit Max Whittaker for The New York Times

 

Une consécration pour tous les caïds. « On est un meilleur criminel en sortant de ce pénitencier. » Les détenus affutent leurs talents criminels dans la prison. Mais malgré l’isolement, les chefs des organisations criminelles parviennent toujours à contrôler leur réseau. Même depuis les Quartiers de Haute Sécurité (QHS). Une atmosphère pesante, le temps se retrouve arrêté. Voilà le quotidien de ce centre de rétention.

Détenus et gardiens étonnamment logés à la même enseigne. Chaque jour, leur vie est remise en jeu. Cette gigantesque prison est installée au beau milieu de nulle part, entourée seulement d’une large forêt. L’isolement est presque total, notamment pour les chefs de gangs qui sont enfermés 22h/24 dans les QHS. Cependant, toute la prison n’est qu’une vaste zone de combat. Un lieu devenu une sorte de graal. Un honneur de se retrouver dans cette prison. Un endroit où même le plus isolé des détenus parvient à communiquer avec les membres de son gang, à l’intérieur et à l’extérieur de Pelican Bay, avec une ingéniosité défiant toute concurrence.

Qui sera le plus fort…

Depuis les quartiers de haute sécurité, à coup de renforts de caméras, tireurs d’élites etc…  Les chefs des quatre principaux gangs : les Blancs, les Noirs, Les Mexicains du Sud et les Mexicains du Nord dirigent leurs pions. Chacun donne ses ordres afin de tenter d’accroître son pouvoir dans la prison. Tout en continuant à « exercer » ses activités à l’extérieur. Lors de l’année 2004, 389 agressions ont été recensé. Certainement toutes validées par les chefs de gangs. Josef Shotgun Harmon, ancien chef du gang Nazi des Blancs, raconte qu’il donnait l’ordre de tuer à travers sa cellule.

Donnant, donnant !

Les gardiens du pénitencier cherchent par tous les moyens de couper court à ces activités. Ils tentent de décoder les messages secrets dans le courrier envoyé de l’extérieur, ou alors de celui transmis par les chefs. Ils tentent de faire pression sur les chefs afin de les convaincre de devenir informateurs en échange d’une meilleures conditions de vie. Harmon explique : «  Ils utilisent ta faiblesse, en l’occurence, moi, ils savaient comment me briser. Ma famille et ma copine. Mais grâce à cette « arrangement,  je peux les voir plus souvent contre des informations. Mais aujourd’hui, je suis en danger de mort ! Le gang me tuera dès qu’il en aura l’occasion. Mais ce n’est pas tout, puisque plusieurs homicide survenus dans la région de  Californie sont directement liés à des chefs de gangs incarcérés. C’est devenu un véritable quartier général (QG). Les rues californiennes sont aujourd’hui contrôlés d’une prison, où tout est bon pour dominer un monde criminel plus sombre que jamais.

 

Guillaume Clergerie

CC by 3.0

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