Les catacombes, quatrième dimension de Paris

Les catacombes de Paris sont accessibles en partie au grand public : il est possible de visiter un circuit d’environ un kilomètre à partir de la place Denfert-Rochereau. Mais le réseau s’étend en réalité sur plusieurs centaines de kilomètres sous la capitale. Il est fréquenté par une communauté de passionnés qui fait vivre ce patrimoine : les cataphiles.

 

Environ 300 km de galeries sillonnent le sous-sol parisien. La plupart sont les anciennes carrières de calcaire issu du lit de la Seine. Elles ont été creusées au Moyen-âge, délaissées pendant la Renaissance puis relancées pour le Paris d’Haussmann. Une petite partie date de l’époque gallo-romaine.  Le reste du réseau est constitué de tunnels reliant des caves, des espaces de stockage, des puis, etc. Le réseau est en partie utilisé aujourd’hui utilisé par les services techniques de la mairie de Paris. Des gaines techniques pour la fibre optique, et des câbles téléphonique y sont tendus.

Un patrimoine physique mais aussi immatériel

Les catacombes étaient jusqu’au années 70 un lieu réservé à ceux qui devaient se cacher : la pègre, le marché noir lors de la seconde guerre mondiale, des consommateurs de stupéfiants… Et depuis, ce sont des amateurs peu claustrophobes de soirées qui se sont investis dans l’endroit. Ici la déconnexion est totale à part dans une salle située sous le Luxembourg, aucun réseau ne peut passer. Il est impératif d’y descendre avec du matériel : deux lampes, un plan, informer une personne à la surface de sa descente, éventuellement une enceinte bluetooth, et un apéritif.

L’esprit catacombes, c’est d’abord et avant tout une convivialité et des règles non écrites mais rigoureuses. Sous terre, pas de politique ! C’est très mal vu d’aborder le sujet. Les cataphiles ont leur surnoms pour oublier leur vie de surface, nous dit un habitué des lieux surnommé Cousteau en raison de son bonnet rouge. La coutume veux que les bières, saucissons et autres chips soient partagées. Les visiteurs sont appelés « touristes ». Ensuite, après plusieurs descentes, vous pourrez prétendre au titre de cataphile, signe que vous pouvez vous débrouiller de manière autonome. Le titre suprême est celui de guide.

Une activité illégale et un jeu du chat et la souris avec les cataflics

La police voit d’un œil désapprobateur la présence de monde dans les souterrains. Une unité spéciale a été créé pour y faire respecter la loi, le GRIS (Groupement de Recherche et d’Intervention en Souterrain). Pas question de laisser n’importe qui s’y aventurer. Le risque est trop grand qu’un « touriste » imprudent s’y perde comme ça a été le cas en 2010. Ou comme en 1804 lorsqu’un homme nommé Philibert Aspairt a été retrouvé onze ans après sa disparition. Alors portier au Val-de-grâce il avait essayé de trouver la cave des pères chartreux dans l’espoir de dérober leur liqueur. Alors des patrouilles descendent et contrôlent les visiteurs. officieusement, si le cataphile est équipé, se montre responsable et expérimenté, la police se montre indulgente. Mais si l’aventurier en sous-sol a sur lui une objet dangereux ou de la drogue, pas la peine de négocier. Un peu comme en surface.

 

 

Photo de couverture : crédit DR

 

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