[VIDEO] Le stress: la maladie de l’homme moderne

C’est un mal sourd, une douleur sans racine, une souffrance lancinante : l’homme 2.0 est malade, il est stressé. Le XXIème siècle a l’échine courbée par la pression et le moral dans les chaussettes. Un coup de mou paradoxal pour l’histoire car les conditions de vie n’ont jamais été aussi facilitées. Le métro ne fait plus marcher, les légumes poussent dans les frigos et les claviers reposent les langues. Assisté partout, éprouvé tout le temps, c’est le nouveau crédo de l’être humain.

Le stress, la maladie du citadin

Le stress est une réaction à une agression, comme l’explique Jean-Louis Pedinielli psychologue clinicien et Professeur Emérite de Psychopathologie et de psychologie clinique.

« Quand l’homme est confronté à un danger, le stress est utilisé par le corps pour répondre à l’imminence d’une agression »

Cette agression n’est pas nécessairement physique, la douleur psychologique peut être aussi menaçante qu’une lame de couteau, mais contrairement à elle, elle n’est pas visible.

Toujours l’heure au coin de l’oeil, impossible aujourd’hui de prendre son temps, les têtes sont coincées dans des horloges. Tic tac, tic tac, tic tac… De quoi devenir fou, ce n’est pas étonnant que l’esprit soit déboussolé. Les repas s’avalent en 30 minutes, les nuits sont courtes, même la respiration est négligée. Pourtant, la respiration est un allié contre le stress, la plupart des personnes ne mobilisent pas la partie ventrale pour respirer, alors que c’est cette technique de respiration qui offre un bol d’air aux poumons et à l’esprit.  Dés lors que l’on se désintéresse du bien-être corporel, le stress apparait, comme une sonnette d’alarme qui appelle à ménager le corps.

L’homme et le temps

Le psychologue Jean Louis Pedinielli fait état d’un décalage entre une société d’hyper-consommation et la difficulté des individus à consommer.

« En se nourrissant de fantasmes, fantasmes distribués par la société, la télévision ou encore internet, les gens poursuivent des buts qu’ils n’atteindront sans doute jamais, et quand la réalité prend le pas sur les scénarios utopiques, la désillusion s’installe ».

Cette désillusion serait, en partie, responsable du stress, l’homme 2.0 court après des mirages, et lorsqu’il prend conscience de ses chimères il panique,  et se retrouve perdu dans un paysage anxiogène.

Le stress peut également être le résultat de la dépendance. Désormais les individus sont assistés par un tas d’outils technologiques, il suffit de séparer (presque) n’importe quelle personne de son smartphone pour constater une perte de repère, une impression d’être perdu. Malgré la multiplication des moyens de communication, les êtres humains se sentent seuls, et  pour « combler ce manque ces derniers consomment, ils remplissent ce vide par des objets, des produits de consommation » explique notre psychologue.

Caricature de l’homme moderne dépendant de son smartphone

Au cours d’une vie, toute personne est un jour ou l’autre confrontée au stress. Le stress survient lors d’un changement, l’organisme alors habitué à un contexte, est soudainement basculé dans un situation nouvelle. Ainsi, la perte d’un être cher,  un déménagement ou encore le passage à la vie adulte, représentent des situations naturellement stressantes, il s’agit ici « des passages obligés de l’existence ». En revanche, la vie moderne implique des changements quotidiens, les individus doivent constamment répondre à des situations inédites. Ce sont précisément ces mouvements incessants qui génèrent des angoisses permanentes.

Un retour à la nature pour lutter contre le stress

Agoradistrict est allé à la rencontre de Charles Chiappe botaniste et olfactothérapeute à Ajaccio.  Ce passionné d’horticulture invite les visiteurs de La Parata, ( presque île située à l’ouest de la ville) à renouer avec la terre et les sens. Selon le spécialiste, l’homme moderne est stressé parce qu’il n’est plus en harmonie avec la nature, il est « déconnectée d’elle ». Pour calmer les angoisses, il recommande aux gens de retrouver l’odorat, de toucher la terre, de cultiver son jardin. Des plaisirs simples mais vrais, loin des illusions et de la société virtuelle.

Caroline Cabuy-Santini

 

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