Brexit : incertitude autour du programme de Theresa May

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Sept mois après le référendum sur le Brexit, l’avenir des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne reste incertain. En cause, la stratégie de la première ministre britannique qui entretient le flou sur son programme.

La démission surprise de l’ambassadeur britannique à Bruxelles Ivan Rogers mardi a mis en relief des désaccords de fond à la tête du Royaume-Uni. Motif : le refus de la première ministre Theresa May, en place depuis six mois, de révéler sa stratégie de négociation pour les futurs liens avec l’Union européenne. Un flou qui lui a attiré les foudres entre autres de la Haute Cour, qui l’a sommée d’informer les élus de ses intentions avant de lancer le divorce avec l’UE. Une indécision aussi pointée par la presse qui moque son mutisme, à trois mois de l’ouverture des négociations avec Bruxelles. Theresa May s’est défendue dimanche sur la chaine Sky News en soulignant les problèmes complexes auxquels fait face son gouvernement.

Theresa May et Angela Merkel à Bruxelles en Aout 2015. Crédit : GETTY
Theresa May et Angela Merkel à Bruxelles en Aout 2015. Crédit : GETTY

Situation inconfortable

La conjoncture est donc délicate pour celle qui avait soulevé les espoirs lors de sa nomination, dans un pays alors déchiré par le référendum sur le Brexit. Son arrivée à Downing Street le 13 juillet avait été accueillie avec un relatif soulagement, au milieu du psychodrame ayant suivi le référendum du 23 juin qui a décidé la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Tandis que les partisans du Brexit se poignardaient dans le dos, l’alors ministre de l’Intérieur, fille de pasteur austère et réservée, était apparue comme la femme fiable qui allait rassembler le pays et mener la barque d’une main ferme. Elle annonçait alors une série de mesures visant à mettre un frein aux excès de la finance: présence des salariés dans les conseils d’administration, plafond aux rémunérations de grands dirigeants, des mesures vite retirées. Six mois après, le bilan reste mince par rapport aux attentes soulevées, notamment sur le volet européen qui a fait l’objet de peu de déclarations.

La confiance du public

Theresa May reste toutefois portée par la confiance du public. Selon Matt Singh, blogueur très écouté spécialisé dans l’analyse des sondages, Mme May, 60 ans, a réussi à arrimer solidement l’avance de son parti conservateur dans l’opinion. La déconfiture de l’opposition travailliste dirigée par le gauchiste Jeremy Corbyn a certes aidé. « Rappelez-vous la période où elle a pris le pouvoir, elle a rassuré et stabilisé. Elle s’est pas mal débrouillée face à ce défi colossal, surtout en comparaison avec une opposition qui n’a rien fait de bien », relève pour l’AFP Pawel Sudlicki, expert indépendant sur l’Europe : « Elle a une vision claire de ce qu’elle veut -le plus large accès possible au marché unique tout en contrôlant l’immigration- mais pas des moyens d’y arriver ».

Max Morgene avec AFP

Crédit Photo à la une : AFP

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