Les after works à l’hippodrome de Vincennes séduisent les Millenials

Depuis 2012, le temple du cheval organise des after works le vendredi pour attirer un nouveau public. À grands coups de flyers colorés, les jeunes adultes sont invités à découvrir ce lieu loin d’être réservé aux accros aux paris. Pour l’avant-dernière session de 2016, Agora District s’est rendu sur la piste.

Bien connu des adeptes du Quinté +, l’hippodrome de Vincennes cherche un public plus jeune. Depuis 2012, des after works sont organisés chaque vendredi d’avril à juillet et de septembre à décembre. L’idée ? Séduire les Millenials, les jeunes adultes qui ont grandi dans les années 2000 et les accros aux sorties décalées. Un lieu mythique, des flyers qui offrent des entrées gratuites et des cocktails, des courses addictives… Le mélange idéal pour découvrir ce célèbre lieu proche de Paris.

Le regard attiré par un flyer multicolore distribué à la sortie du métro, un groupe de sept amis décide de se rendre à l’hippodrome vendredi 2 décembre 2016. L’avant-dernière session pour l’année 2016, c’est maintenant ou jamais. Des jeunes payés à donner ces invitations se sont bien placés à la sortie du métro, juste à côté d’une fac du 13ème arrondissement. Un point stratégique. Ce carton multicolore est un passe-droit pour l’after work de l’hippodrome : entrée, cocktail et parking gratuits.

Invitation à l'afterwork de l'hippodrome de Vincennes
Invitation à l’after work de l’hippodrome de Vincennes

Après presque deux heures en transports et leurs aléas, le petit groupe arrive pile devant l’entrée. Bonne nouvelle, une navette gratuite est mise à disposition entre la gare de Joinville-Le Pont et les grilles de l’hippodrome chaque vendredi soir. Le chauffeur de bus est habitué à cette population plus jeune. Un fois arrivés, les spectateurs d’un soir se voient offrir par le guichetier deux coupons pour un cocktail, en échange d’un flyer. Pour ne pas assister aux courses le gosier sec.

Une course toutes les 20 minutes

Bienvenue dans l’hippodrome de Vincennes. Ouvert depuis 1863, il accueille aujourd’hui des Millenials, peu habitués à cet univers. Baignée de pénombre, la nef haute de trois étages se dévoile. L’avantage de l’after work, le lieu est moins rempli que la journée et revêt un caractère plus intimiste. Un peu perdue, la belge Marie propose de suivre les panneaux « After work : Bar Casaque ». Rendez-vous au deuxième étage pour siroter les cocktails offerts. Avec ou sans alcool, au choix.

A peine assis dans les tribunes de verre, le petit groupe est accosté par un hôte. « C’est la première fois ? Je vous explique le principe des paris », propose Damien, la vingtaine. Chaque visiteur se retrouve avec une page de programme entre les mains. « Les fers, la côte, les résultats des dernières courses, le nom de l’entraîneur et du jockey… Vous saurez tout sur les chevaux de chaque course ! » Pour une course toutes les 20 minutes, il faut s’accrocher.

Les bornes de paris sont vite prises d’assaut par les parieurs amateurs. Les confirmés se rendent directement aux comptoirs pour déposer et récupérer des sommes conséquentes. Pour les guichets électroniques, l’interface est complexe. Simple, placé, quinté +, 2 sur 4… Les novices s’y perdent. 1€50 ou 2€, la mise de départ reste basse. Benjamin n’en revient pas : « on arrive en ne connaissant rien et on se prend très vite au jeu. » « Et tout le monde croit gagner surtout ! », renchérit son amie Marie.

Un pari de novice

Après avoir visité en exclusivité les écuries grâce à l’offre after work, le petit groupe s’arrête au bord de la piste de 1325m ouverte pour les courses nocturnes. Pour cette huitième course, il ne reste qu’une centaine de spectateurs. Il est déjà 22h45. Place au trot monté des femelles. L’une des favorites, Cherie my Love, a une cote de 21. « Je n’ai pas parié sur elle, avoue Aurore, une étudiante. Elle est trop bien placée. » Un pari de novice puisque la jument arrive quand même en première place. Cinq de ses concurrentes ont été disqualifiées durant cette course prenante. « Ah, la tentation du galop, vous savez… » soupire un habitué d’une soixantaine d’années. Quelques cris de joie se font entendre depuis les tribunes. « J’ai gagné ! », s’exclame Aurore. Le petit groupe d’étudiants a eu de la chance.

Direction les comptoirs pour récupérer ces gains. 4,60€. Éclat de rire général. « Au moins, c’est une petite victoire ! », réconforte la caissière. Un père de famille récupère un chèque. Son gain dépasse donc les 3000€, comme l’annonce l’affichette collée sur la vitre du guichet. 23h30, l’heure de retourner à la station du RER A. À pied puisque la navette s’est arrêtée à 23h. 1km de marche rapide. De toute manière, la bande est enchantée par sa soirée. Ce soir, l’hippodrome de Vincennes est le seul à avoir gagné son pari : conquérir les jeunes. Ils reviendront peut-être pour la dernière session avant la fermeture hivernale. Pour les retardataires, pas de panique, les after works à l’hippodrome seront à découvrir ou redécouvrir dès le mois d’avril.

Photo de couverture : Arthur Bisquert

Marie Périer

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