Camp de réfugiés de Stalingrad : Entre agacement et clairvoyance !

Reportage. Les riverains et les commerçants du quartier deviennent de moins en moins patients.  Le quartier est occupé depuis plus de six mois. La tension monte et les habitants en ont marre.

Dès la sortie du métropolitain à l’arrêt Stalingrad (Paris, XIXème), l’atmosphère s’obscurcit.  On entrevoit directement le campement insalubre. Des dizaines de tentes sont installées à même le sol. Cet espace de vie improvisé fait régulièrement l’objet de démantèlement. Le plus récent date de mi – septembre. Les lieux sont directement réinvestis par les familles. La majorité des individus provient du Soudan, d’Erythrée, et d’Afghanistan.

Environ 500 individus venus chercher une meilleure vie, évoluent au sein d’un environnement contestable. Ils vivent clairement dans la misère. Ces scènes de détresse ne devraient pas exister en France. Ce qui frappe au premier coup d’oeil est l’abondance de déchets en tout genre qui jonchent le sol. La saleté est omniprésente. Le manque cruel de poubelles se fait sentir. Ces détritus attirent des rats et des pigeons. C’est ce que nous confirme Mathieu, le gérant d’un magasin spécialisé dans le bâtiment. Il déclare : « Ils laissent leurs déchets partout par terre » , « tous les matins je dois nettoyer devant ma boutique. » Pour ce monsieur, les conditions de vie des réfugiés demeurent déplorables. Ils les plaint mais reste impuissant face à leurs situations. Ce denier avoue à la fin de notre entretien : « ce sont de pauvres gens qui n’ont pas d’autres choix. »

Voici un exemple d’ordures qui attirent les rats et les pigeons. Crédit photo : Benjamin Leneveut.
voici un exemple d’ordures qui attirent les rats et les pigeons. Crédit photo : Benjamin Leneveut.

Le manque d’hygiène est le principal problème. Ce facteur intervient directement sur la propagation rapide de maladies en tout genre. Les migrants font tout pour essayer de rester propre. En témoigne Mathieu qui se souvient : « Ils ont ouvert une vanne d’eau servant aux pompiers pour se laver ».

La présence de ce camp de fortune devient préoccupante pour les usagers du quartier. Nous sommes allés à leurs rencontres. Beaucoup d’entre eux les plaignent. Pour une grande majorité l’occupation des lieux devient pesante. C’est ce que nous explique Claude une riveraine : « C’est dramatique pour ces pauvres gens, mais ce n’est plus supportable » Le boulanger établit juste en face de la sortie du métro se veut dithyrambique. Pour lui c’en est assez et il faut que le gouvernement prenne ces personnes en charge. Il semble déterminé : « Ils nous font de la peine, mais ce n’est plus supportable, on en a marre».

Ensemble des instalations précaires des réfugiés. Crédit photo : P.K. - Paris / Flickr
Ensemble des installations précaires des réfugiés. Crédit photo : P.K. – Paris / Flickr

Le gouvernement est visé pour son manque de solutions

Les riverains ne comprennent pas comment une telle situation peut se produire. C’est ce que nous confirme le gérant d’un bar. Il emploie des mots lourds de sens, pour lui : « c’est une représentation physique de l’état à ne pas réagir, je crois plus en l’action locale qu’en l’action globale. » C’est une façon forte de montrer qu’il en a marre que l’état ne fasse rien. De son point de vue, les associations font beaucoup plus en une matinée que l’état en 4 mois. Chaque matin il voit des dizaines de personnes distribuer des denrées alimentaires. Le problème n’est pas le démantèlement du camp mais de savoir où ces pauvres individus seront installés. Si c’est pour re-créer un camp plus loin, ça n’aura aucuns impacts sur le futur de ces familles.

Son propos est réfléchi, le gouvernement ne s’active pas vraiment pour trouver une solution pérenne. Après plusieurs mois : « Il n ‘y a pas d’interactions, on les subit, ça plombe leurs vies de rester là, et ça plombe les commerces dans le quartier ». Cette pensée a du sens car un centre d’activités sportives éphémère est installé pour les vacances à 100 mètres du camp. Ce dernier est ouvert en fin de journée et le week-end, mais ça ne crée aucunes rencontres entre riverains et migrants.  Nous sommes donc allés directement poser la question à la mairie du XIXème arrondissement. Nous avons fait la queue, mais la responsable de ce problème était en congés. La secrétaire de la mairie était contrariée par notre présence et nos questions. On a essayé de rentrer en contact avec le commissariat principal du secteur, sans succès. A part les nombreuses opérations de démantèlements (plus d’une dizaine au total), il n’y a donc rien de prévu pour améliorer les conditions de vie de ces réfugiés. Il faut donc penser la question à un niveau national. Il faut s’interroger sur la question du relogement, en facilitant l’intégration des réfugiés à notre société.

Vue d'ensemble du quartier du métro Stalingrad. Crédit photo : P.K. - Paris / Flickr.
Vue d’ensemble du quartier du métro Stalingrad. Crédit photo : P.K. – Paris / Flickr.

Benjamin Leneveut.

*Photo à la une : Crédit photo : P.K Paris / Flickr.

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